Jean Vanier

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Written by Laurie Martin Arche Internationale in English

La fédération de l’Arche Internationale, plus de 50 ans déjà, compte au jour d’aujourd’hui 146 foyers dans plus de 36 pays à travers le monde. Il faut remonter à 1964 pour comprendre d’où est née l’idée de l’Arche Internationale. L’histoire débuta à une bien plus petite échelle. Jean Vanier, Canadien, professeur de philosophie, avait un ami aumônier dans un hôpital psychiatrique en France et s’est rendu compte lors de ses visites qu’il y avait à la fois des personnes avec des déficiences intellectuelles et des personnes souffrant de santé mentale dans ces établissements. Il fut très surpris car ces personnes n’avaient pas les mêmes besoins et il décida d’accueillir deux personnes avec des déficiences mentales dans sa petite maison de campagne en France. Deux de ces anciens élèves sont alors venus lui rendre visite et ont aimé l’idée. L’un a fait de même au Canada et l’autre en Inde. Ainsi, 3 ans seulement après la fondation de l’Arche dans une petite maison de campagne en France l’idée est devenue internationale.

Comme nous l’explique Louis Pilote, directeur de la communication de l’Arche Internationale, dans les années soixante et septante, lorsqu’une nouvelle communauté était établie dans un pays, c’était avant tout un lieu de vie, un foyer pour ces personnes avec des déficiences mentales. “Mais, maintenant, nous essayons de créer en plus du lieu d’accueil, des activités de jour au sein de ces foyers, d’accompagner les familles des personnes et de créer des partenariats avec différentes initiatives locales”, ajoute-t-il. Les activités inclues au sein de l’Arche peuvent aller du soutien, du support aux familles, à des activités d’artisanat, de rééducation pour les personnes avec des handicaps physiques associés aux déficiences intellectuelles ou encore des activités économiques et éducatives. Dans certaines communautés, il existe même une production économique réalisée par les personnes logeant dans ces foyers. Par exemple, dans une communauté située à côté d’un vignoble, ils apprennent les métiers de la vigne, dans une autre, ils exercent des activités de ferronnerie.

Cependant, ce qu’il est surtout important de comprendre, comme nous raconte Louis Pilote, c’est que dès le départ, Jean Vanier avait pris conscience que les personnes avec une déficience intellectuelle lui apportait quelque chose, que ces foyers n’allaient pas seulement être des lieux de vie mais aussi des lieux d’échange et de complémentarité. La contribution de la personne en situation d’handicap est énorme sur la prise en compte de la différence et du respect de cette dernière. Au final, comme le dit si bien Louis Pilote, “ l’Arche n’est pas un lieu de prise en charge de personnes en situation de handicap mais est avant tout un lieu de formation à la relation humaine”. De nombreux jeunes viennent d’ailleurs passer quelques mois ou même un an dans différentes communautés à travers le monde pour y travailler comme bénévole.

L’Arche est donc maintenant établie dans 136 pays, de la France au Canada en passant par l’Australie, l’Argentine ou encore la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Bien sûr, créér des communautés dans certains pays peut-être plus difficile que dans d’autres, les déficiences mentales n’étant pas vues de la même manière partout. Dans les pays de l’hémisphère nord et les pays émergeants, de plus en plus de politiques sociales viennent soutenir l’accompagnement des personnes handicapées. En revanche, dans les pays en voie de développement, ces politiques sociales s’adressent d’abord aux personnes bien portantes, nous explique Louis. “On s’occupe du handicap une fois que l’on a eu les moyens de s’occuper de tout le reste”, il résume.

Culturellement aussi, l’approche des déficiences mentales est très différente. Dans certains pays, une personne avec des problèmes de santé mentale peut être associée à une malédiction ou vu comme contagieuse du fait du manque de connaissance sur le sujet. Il y a donc tout un travail de sensibilisation à faire avant d’établir une communauté, un foyer dans ces pays. “Je me souviens avoir rencontré des familles qui ne comprenaient pas que d’autres personnes souffrent du même handicap dans un autre quartier et encore moins dans un autre pays. Ils étaient stupéfaits d’apprendre que la déficience intellectuelle était présente dans toutes les cultures et sociétés”, raconte Louis. Il faut savoir qu’à un niveau global, 4 ou 5% de la population mondiale est touchée par des déficiences intellectuelles. Mais, heureusement, nous dit Louis, au niveau de l’engagement, on trouve des personnes dont l’engagement est extraordinaire et de grandes compétences dans tous les pays et toutes les situations économiques.

Comme l’Arche Internationale est devenue un réseau global où la notion d’appartenance est très forte des contacts se sont créés entre toutes ces communautés. Les personnes vivant dans des communautés en Suisse, lorsqu’elles ont entendu parler du tremblement de terre en Haïti ont été très touchées car elles connaissaient des personnes habitant à Port au Prince. “Ils ne sont pas forcément en contact direct mais ils ont tous conscience que des personnes vivent dans des foyers identiques aux leurs partout à travers le monde” explique Louis. Des échanges de photos ou de reportages sont d’ailleurs organisés régulièrement de manière à assurer le lien entre les différentes communautés. Filming on set

En septembre 2014, à l’occasion des 50 ans de l’Arche, 36 personnes provenant des 36 pays où il existe des communautés se sont même réunies en France et un web documentaire a été tourné, où chaque personne pouvait dire devant la caméra ce que cela signifiait pour elle d’avoir un handicap dans son pays. Le film est encore en phase de production mais devrait sortir tout bientôt ! D’autres films plus locaux ont par exemple aussi été réalisés en 2014 à l’Arche Kenya ou à l’Arche Canada. Vous pouvez voir toutes les vidéos réalisées sur la chaîne YouTube de l’organisation ici. En 2014 encore, un projet artistique a vu le jour. Des personnes venant de la plupart des pays où se trouvent des communautés ont réalisé des dessins, chaque artiste mentionnant sous son oeuvre ce qu’il a voulu exprimer par celle-ci. Les dessins ont ensuite été observés par des critiques d’art et des gens du milieu artistique. Le projet est expliqué en détails et les différentes oeuvres sont visibles aussi ici sur le site de l’Arche Internationale. De nombreuses photos sur le travail de l’Arche Internationale se trouvent encore sur le compte Instagram de l’organisation, allez y jeter un coup d’oeil !

Site internet International: http://www.larche.org / page Horyou: https://www.horyou.com/org/l-arche-internationale Compte Twitter: @larcheintle Compte instagram: LARCHEINTERNATIONALE

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