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Engagée sur les thèmes de la préservation des forets et de l’accès à l’eau potable aux populations des pays africains, la ministre de l’Économie forestière, du Développement durable et de l’Environnement de la République du Congo, Rosalie Matondo, était une invitée très spéciale du SIGEF à Marrakesh, lors de la COP22. Paneliste au premier jour du Forum, elle nous a parlé sur les projets du gouvernement congolais pour l’environnement et sur l’importance de la COP22 pour mettre les accords sur le changement climatique en action.

La ministre Rosalie Matondo a parlé au publique du SIGEF
La ministre Rosalie Matondo a parlé au publique du SIGEF

Pouvez-vous nous expliquer sur vos projets de préservation des forêts au Congo et son impact social?

Les forêts, comme nous le savons, régulent les équilibres climatiques mondiaux. Étant conscients de cela, nous avons lancé un grand programme national de reforestation et de reboisement d’un million de plantations. Nous avons une grande superficie de forêts naturelles au Congo et nous sommes conscients que nous devons les préserver. D’un autre coté, le bois est encore utilisé comme source d’énergie extraite des forêts naturelles dans beaucoup de nos pays. C’est pourquoi le gouvernement de la République du Congo a lancé ce programme de reforestation et reboisement, afin que les populations non seulement continuent à utiliser le bois comme source d’énergie, le bois issu des plantations, mais également à pouvoir faire un grand projet de séquestration du carbone.

Le deuxième projet c’est “L’eau pour tous”. Le gouvernement congolais a lancé un programme d’installation de 4 mille forages dans les villages où l’eau de source pose encore un problème. Cela permet l’approvisionnement de l’eau potable mais également d’alléger la pénibilité des femmes qui dans les villages sont obligées de faire des kilomètres pour aller puiser le l’eau.

Durant la COP22, le gouvernement Congolais a lancé un fond de préservation des forêts. De quoi s’agit-il?

C’est le fond bleu pour le Bassin du Congo, toujours pour cet accès à l’eau mais également pour les systèmes de production modernes de l’agriculture, donc des systèmes d’irrigation. La COP22 pour nous c’est une opportunité de financement et de transfert de technologie. Nous savons que les gouvernements peuvent participer au financement de nos projets. Notre attente ici c’est que, déjà, tous ensemble, nous travaillions sur le transfert de technologies et tous ensemble, nous réfléchissions sur la mobilisation et le financement.

La ministre de l’Économie forestière, du Développement durable et de l'Environnement de la République du Congo
La ministre de l’Économie forestière, du Développement durable et de l’Environnement de la République du Congo

Quelles sont les axes de développement de la République du Congo pour la COP22?

Nous avons les acquis de la COP de Paris, parce que nous partons de là. Dans la COP de Paris, les pays du Bassin du Congo avaient donné leur position, et nous, la République du Congo, avons appuyé cette position des pays d’Afrique, des pays du Bassin du Congo et également des 77 pays plus la Chine. Pour nous, toutes les décisions prise lors de la COP21 de Paris sont incontestables, maintenant nous devons aller vers l’opérationnalisation ; c’est pourquoi je remercie son altesse royale qui a mis l’accent sur l’action ici sur la COP22. Nous devons aller vers l’action. Je crois que toutes nos populations sont fatiguées des promesses qui n’apportent pas de solutions. La COP21 à Paris a démontré que nous avons tous pris conscience de la gravité de la situation et même les pays qui n’ont pas signé le Protocol de Kyoto ont signé l’Accord de Paris. Nous avons vu avec quelle rapidité l’Accord est entré en vigueur et c’est un espoir pour la planète toute entière. Nous voulons nous accrocher à cette espoir et trouver des solutions et mettre en action.

De quelle manière le changement climatique a affecté le Bassin du Congo et quelles sont les mesures pour réduire cet impact?

Le Bassin du Congo est la zone où la déforestation est la moins importante. Nous n’avons que 0,05% de déforestation. Mais nous n’en sommes pas contents. Nous savons que ce poumon là, comme le poumon de l’Amazonie, peut aider la planète. C’est pourquoi la République du Congo, après les années 2000, a opté dans sa législation pour une gestion durable des forêts, avec un aménagement forestier, avec la certification forestière, avec le programme national de reforestation et reboisement ; au total, 13% de son territoire est ainsi protégé. Tous ces efforts convergent vers la contribution à la préservation de cet écosystème. Et nous allons vers un fond bleu pour le bassin du Congo qui va aider à la gestion des plans d’eau mais aussi à l’approvisionnement des populations.

Écrit par Vivian Soares

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