Entretien

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Horyou a eu l’occasion durant ce COP21 à Paris, d’échanger avec Thierry Apparu, Directeur de la communication de Venturi Automobiles. L’entreprise de fabrication d’automobiles qui depuis 10 ans met en œuvre des principes, des moyens et des outils de locomotion pour la durabilité.

Bonjour Thierry, on est heureux de venir découvrir ce magnifique lieu d’exposition et d’innovation chez Venturi à Solutions COP21. Dans quelle mesure les innovations sont une vraie réalité dans l’esprit de Venturi ?

Je dirais qu’elles s’inscrivent dans l’esprit Venturi depuis 1899 parce que notre source d’inspiration c’est la voiture nommée “jamais contente” qui était la toute première voiture électrique à avoir dépassé les 100 km/h. C’était en France, à Achères. Cette voiture est devenue la nôtre lorsqu’on a racheté ce nom. Par ailleurs, toutes nos voitures qui ont battu des records de vitesse sont appelées “jamais contentes”.

Illustration de la voiture "La Jamais Contente", 1899
Illustration de la voiture “La Jamais Contente”, 1899

Plus généralement, pour répondre à votre question, l’innovation technologique chez nous est au coeur de tout parce qu’on est convaincu que l’électrique est un vecteur de mobilité propre et durable qui demain plus encore qu’aujourd’hui sera partie prenante du paysage automobile. Ça représente 1% des autos vendues dans le monde. Ca va encore monter et il y aura la place pour tout le monde sur un marché partagé qui permettra de répondre aux besoins des différents consommateurs. Il faut être capable de montrer que le véhicule électrique est aujourd’hui efficace autant que le véhicule thermique ; c’est ce qu’on essaye de faire avec notre technologie électrique. On teste les véhicules et technologies électriques dans des situations réputées impossible pour l’électrique et on fait l’impossible pour que ça marche. Et ca marche.

On voit à la fois la capacité d’être recordman du monde de vitesse, voire même d’aller en Antarctique, rendant possible un volant de situations, si je puis dire, de défis technologiques et de performances, avec le soucis constant de pouvoir amener l’innovation sociale et sociétale liées à l’électrique au coeur même de la réalisation.

Véhicule "Antarctica". Crédits photo © Venturi
Véhicule “Antarctica”. Crédits photo © Venturi

On est dans le grand écart total dans les deux exemples ; la voiture des records peut aller jusqu’a 600km/h, on a la meilleure marque, la meilleure performance à 495km qui va décharger dans un temps très court, en 70 sec, énormément d’énergie ; on parle d’une voiture de 3000 chevaux. Celle qui va rouler en antarctique est une voiture à 40/50 km/h qui va faire 60km et rouler lentement sur la glace pour acheminer les scientifiques sur des zones complètement sanctuarisées qui sont seulement accessibles à pied parce qu’en voiture thermique ils risquent de polluer le champs d’étude et donc les résultats qu’ils vont obtenir. On est dans deux gammes très différentes mais dans les deux cas on y va par pallier et avec des technologies différentes qui permettent de qualifier différents types de motorisation. Ce qui est intéressant pour Mr. et Mme. Tout le monde, c’est que demain on va pouvoir vendre aux stations de ski un véhicule qui pourra faire du dépannage et du médical en altitude avec le véhicule créé à la base pour l’antarctique. On nous a demandé de travailler sur cette problématique. Mais avec la voiture du record on est dans la gestion de l’énergie, c’est-à-dire comment je vais acheminer mon énergie depuis la batterie dans le moteur et comment je vais l’acheminer de façon efficace. Pour le véhicule électrique, c’est ça qui est important aujourd’hui et c’est ce à quoi on travaille. Ce qu’on applique dans le véhicule du record se retrouve dans les monoplaces électriques pour les championnats de Formule I ou FIA où tout le secret de la performance est dans la capacité de gérer l’énergie à un moment donné.

Vous êtes en train de nous montrer qu’une entreprise comme la vôtre, à taille humaine, est capable d’être à la pointe de la démocratisation de la voiture électrique au service de tous…

La volonté de notre président, Gildo Pallanca Pastor, quand il a racheté Venturi en 2000 et changé le mode de production en passant de la production essence à la production électrique, sa préoccupation, a été dès le départ de savoir comment demain je vais participer au développement d’une mobilité propre et durable et saine. Aujourd’hui, même si on sait que si tout le monde se penche dessus c’est bien sûr pour les conditions du réchauffement climatique, mais c’est aussi pour des conditions sanitaires car à travers le monde nous savons que les gens meurent à causes des particules émises. On est dans ces préoccupations-là. Pour cette raison, nous avons construit nos véhicules des records et tous nos véhicules depuis 2009 avec des étudiants américains qui font face aux challenges qui en découlent ; ils sont directement natifs des technologies alternatives et seront les ingénieurs de demain. Chaque année nous en ajoutons cinq nouveaux étudiants dont on finance les études afin qu’ils participent à ce programme.

Quelle est la prochaine date pour le prochain record de ce travail circulaire trans-générationnel et de compétences impliquant cette jeunesse ?

Nous avons plusieurs dates ; on a d’abord la formule 1 électrique, un rendez vous tous les mois entre septembre et juin à travers le monde et pour le record de vitesse. Cela se passera systématiquement sur le lac salé de Bonneville, aux USA dans l’Utah. Au mois d’août, on partira pour trois semaines. Deux semaines de tests, de réglages et de roulage dans le cadre d’un évènement qui s’appelle la “speed week” où tous les fous du volant se donnent rendez-vous et où nous sommes les iconoclastes du paysage parce qu’on a des voitures électriques pour ce type de performances. On y voit de tout : des voitures à alcool, à air comprimé, à essence, à diesel, etc. ; ensuite il y a la piste homologuée FIA où on tente de battre un record de vitesse durant la troisième semaine d’août. Depuis 3 ans, les conditions climatiques ont changé et depuis trois ans notre voiture est prête pour passer les 600 km/h mais elle ne roule pas dans de bonnes conditions à cause d’inondations systématiques suite à des orages que les chercheurs et les scientifiques de l’université attribuent au changement climatique. Tout cela décuple notre volonté de partir là-bas et de faire ce record parce qu’on veut apporter notre contribution à des solutions durables, et mettre dans nos voitures des tractions fiables, efficaces, propres et durables pour vous, pour moi et pour tout le monde.

Plus personnellement, si vous aviez un rêve à partager avec celles et ceux qui nous écoutent ou nous lisent, quel serait-il?

Comme beaucoup d’entre nous j’ai une famille, des enfants, des proches que j’aime et j’ai envie, même si ca fait tarte à la crème, que le monde aille mieux pour eux. J’ai envie que mon entreprise, grâce à mon métier et grâce aux aventures que nous permet notre président, aide à bâtir un monde plus propre et plus durable. On a des ingénieurs formidables qui construisent ces mécaniques et amènent ces solutions-là et la contribution de mes équipes vise à médiatiser tout cela et prêcher la bonne nouvelle, à travers la communication et l’ensemble des paramètres qu’on sait mettre en oeuvre ; et j’espère que c’est ensemble, avec les autres, nos concurrents, nos adversaires sur certains marchés, on apportera suffisamment de solutions, suffisamment vite, pour faire en sorte que les choses évoluent moins mal.

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Cette inspiration que vous portez pour votre contribution au sein de votre groupe, d’ou vient-elle ?

On a un patron formidable, on a un patron qui a des rêves et qui surtout va au bout de ses rêves. Un jour en 2000 il a dit aux ingénieurs : “on va faire de la voiture électrique”. Les ingénieurs lui on dit : “mais tu es complètement fou, c’est pas possible”. Il leur a dit : “Vous n’avez pas le choix, on va le faire”. En 2004, on a présenté la première voiture électrique au salon de l’auto à New York et on s’est pris une volée de bois vert. 10 ans après, il y a eu des gens assez fous comme nous pour lancer le 1er championnat du monoplace électronique sous la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) qui gère les rallyes et la formule 1. Ça a été une belle reconnaissance et les gens sont venus vers nous pour nous dire qu’il fallait qu’on participe à ces championnats car on était les pionniers de la chaîne électrique haute performance. Ça a été un opportunité formidable et ils nous on rappelés la deuxième année cette fois en tant que constructeurs et aujourd’hui on fourni la motorisation. L’inspiration elle est là, d’un patron qui se lève tous les jours avec deux ou trois idées ; il ne faut pas toutes les suivre ; non pas qu’elle ne soient pas bonnes mais juste qu’elles prennent beaucoup de travail. Un jour il dit on va développer une voiture à record avec une pile combustible, un jour avec une voiture électrique ou avec des voitures utilitaires dans les déserts pour voir comment ca fonctionne. On est dans cette dimension-là, c’est un travail intense, un travail quotidien très important mais dans une dimension exaltante mais parce qu’on travaille dans du concret et c’est ludique. On sait ce que valent les fruits de notre action, on sait dans quelle voiture se trouvent les fruits de notre action, dans quels modèles, et on sait ce que ca apporte pour demain.

Si vous aviez un message à partager avec les citoyens du monde, que serait-il ?

Soyez en capacité d’analyser de façon réaliste vos besoins. Aujourd’hui, 90% de la population européenne roule 60km par jour pendant 1h. C’est la capacité de performance de la voiture électrique mais quand on va acheter une voiture, on pense aux 2 trajets qu’on va faire avec sa famille en vacances, loin. Il vaut mieux louer une voiture pour faire ça et garder la voiture électrique pour rouler en ville. C’est la même situation aux USA ; ceux qui habitent en ville font en moyenne 17km par jour en 1heure ; la voiture électrique répond déjà à ces besoins. Donc soyons malins dans nos usages, soyons durables et pour être durable, choisissons ce dont nous avons besoin, selon la réalité de ces besoins et pas seulement en fonction d’un désir esthétique et pas seulement pour faire le cake et avoir la plus grosse voiture. Essayons d’avoir une voiture plus intelligente ; sur l’intelligence de la voiture électrique, on s’aperçoit que tous les constructeurs automobiles ne vont pas au plus grand salon de l’automobile, le salon de Detroit mais ils vont tous au CS de Vegas, le salon des innovations technologiques ; c’est un signe. Je vous engage tous à avoir une réflexion là-dessus et à avoir une réflexion plus durable, avant d’aller chez le concessionnaire.

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Entretien par Yonathan Parienti, CEO de Horyou

Bonjour Arnaud Roland. On est très heureux de vous retrouver aujourd’hui à Solutions COP21. Depuis combien de temps Coca-Cola s’implique dans le climat ?

Depuis 2007, c’est là qu’on a calculé tous nos impacts sur l’environnement et qu’on a fixé nos objectifs à 2021. Aujourd’hui, en 2015 à la COP21, nous avons effectué la moitié du chemin et quand on regarde nos résultats en termes d’économie d’énergie et d’économie circulaire, on a fait énormément de choses depuis. Il nous en reste encore beaucoup mais ce qui est important pour nous c’est d’avoir un cap qui est de réduire d’un tiers l’empreinte carbone de nos boissons.

On le voit quand on arrive à votre stand, le public s’intéresse à ce que vous faites et il y a une bonne communication qui passe. Coca-Cola fait partie de la vie du grand public à différents égards. La Cop21 c’est la matérialisation de ce lien entre un entreprenariat qui peut être responsable et qui a cette responsabilité pour l’avenir de l’humanité, pour penser le monde de demain.

Absolument. Coca-Cola était déjà très présent à Copenhague en 2009. Pour nous, être présent dans les COP, notamment celle-ci la COP21 qui tente de dessiner un accord mondial sur le climat, c’est une étape de plus et, dans l’idée, un exercice de transparence de plus : on est là pour dire voilà ce sur quoi on s’est engagé, où est-ce qu’on est aujourd’hui et où est-ce qu’on veut aller. On veut aussi expliquer au grand public qu’on rencontre ici au Grand Palais que c’est aussi important de discuter avec lui qui n’est pas à l’écart de notre entreprise mais qui fait partie de sa vie, de sa feuille de route. On leur explique ce qu’ils ont besoin de savoir ce qu’on fait avec les emballages qu’ils trient chez eux et en quoi ça baisse le carbone et en quoi c’est bénéfique.

Cette logique de transparence, cette volonté d’assumer l’impact de la gestion de la production, on la retrouve sur votre site, dans votre stand et dans votre communication. Pensez-vous donc que la transparence soit une des clés de la réussite d’une stratégie de la durabilité ?

Oui c’est fondamental et les gens la réclament. Vous savez, pour la première fois cette année on a invité le grand public à visiter une de nos usines, chose qui ne se faisait jamais auparavant. Et c’est génial de voir la réaction des gens visiter une usine de Coca-Cola. On n’a rien à leur cacher. Au contraire, on aimerait en inviter plus. Cela suppose des dispositifs de sécurité importants ; mais c’est fondamental pour nous d’ouvrir nos portes et de permettre aux gens de voir la réalité de la production, du recyclage, etc.

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L’expertise que vous avez développée en matière de recyclage peut-elle inspirer d’autres entreprises dans un partage d’information pour une responsabilité transversale, circulaire au sein des activités d’entrepreneur ?

Oui tout-à-fait. Il y a deux ans par exemple, nous avons investi dans la filière industrielle du recyclage du plastique en France et dans le cadre de cet investissement pour développer ce marché d’utiliser plus de matière d’emballage, on a créé à côté de cette usine un centre pédagogique ouvert au public où on accueille beaucoup de scolaires et des collectivités locales et des associations mais aussi énormément d’entreprises petites et grandes qui viennent voir sur place ce qu’on y fait. Le centre est en Bourgogne, à côté de Beaune et c’est un centre où on a accueilli plus de quatre mille personnes à ce jour.

Au niveau des opérations concrètes que vous développez sur la notion de citoyenneté, de diversité, de communauté au niveau international on comprend que Coca-Cola cherche à s’inscrire dans les défis actuels comme le woman empowerment, est-ce que vous pouvez nous en parler ?

Le programme 5by20. Symbole de l'engagement de Coca-Cola auprès de femmes entrepreneurs dans le monde. Crédits photo  © Coca-Cola Company
Le programme 5by20. Symbole de l’engagement de Coca-Cola auprès de femmes entrepreneurs dans le monde. Crédits photo © Coca-Cola Company

La question de l’égalité homme-femme et du woman empowerment est très importante pour Coca-Cola à tous les niveaux : international, européen ou local ici en France. Je citerai un programme que Coca-Cola mène à travers le monde qui s’appelle “5 by 20“. C’est un engagement fort de l’entreprise d’aider cinq millions de femmes dans les pays émergents d’ici 2020 à progresser dans leur niveau de vie en les aidant à monter leur propre entreprise là où elles sont, que ce soit dans un village en Afrique, au Cambodge, au Vietnam, en Inde ou au Mexique. C’est donc un programme d’entreprenariat social dédié aux femmes et supporté par The Coca-Cola Company et sa fondation parce qu’on sait qu’investir sur les femmes c’est ça qui va changer le monde parce que les femmes ont une vision de l’avenir et sont beaucoup plus impliquées sur les problématiques environnementales et souvent dans ces pays-là ce sont les femmes qui prennent les décisions importantes dans la vie de leur communauté.

L’innovation sociale source d’avenir et passerelle entre les cultures. Pensez-vous que dans les entreprises qui ont atteint une forme de maturité on puisse avoir une transversalité plus importante entre les entrepreneurs d’aujourd’hui, d’hier et de demain ?

Oui je le pense sincèrement. Je pense que par rapport aux enjeux environnementaux et sociétaux auxquels l’humanité fait face aujourd’hui tout le monde doit jouer sa partie mais dans l’entreprise et la responsabilité des grandes entreprises c’est d’aider les plus petites, d’aider les plus fragile, c’est d’investir dans les pistes d’avenir, les femmes, l’économie circulaire parce qu’on croit que ces modèles sont des solutions concrètes et réalistes pour faire la transition vers le monde de demain.

On a vu un événement, “Ticket for Change”, vous étiez présent auprès de cette jeunesse qui souhaite entreprendre.

Oui, absolument, “Ticket for Change” est un événement absolument formidable pour voir comment de jeunes entrepreneurs veulent en aider d’autres et rayonner, créer un réseau. Tout ça, ce n’est que du positif et on est très heureux de soutenir “Ticket for Change” depuis le début de leur aventure.

Certains participants de “Ticket for Change” sont venus à notre forum à Genève et l’un d’entre eux a pu même être lauréat. C’est là le signe que la transpiration entre des espoirs et des volontés, et des entreprises qui soutiennent des opportunités de mettre en avant des projets, ça fonctionne. C’est la preuve qu’en avançant tous ensemble on peut réussir.

Absolument. Tous ensemble, la philosophie c’est de penser l’avenir et penser des solutions qui nous permettent à la fois de nous adapter au changement climatique et de créer des conditions d’un mode de vie et un développement économique beaucoup plus durable.

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Coca-Cola veut s’impliquer fortement auprès de ses collaborateurs pour créer des conditions de succès au niveau humain. Dans votre espace ici, ce sont des vrais collaborateurs qui font le lien avec le public ; ce lien, c’est une réalité ?

Oui c’est vraiment notre volonté ici pendant les sept jours au Grand Palais que ce soit nos collaborateurs qui portent le message. Une entreprise ce sont aussi des citoyens, des hommes et des femmes qui sont engagés et donc on a souhaité que ce soit eux qui portent le message. Par exemple, j’ai personnellement invité tous les responsables environnement de nos cinq usines françaises à venir dialoguer avec le public, expliquer leur métier, leur réalité, ce qu’ils font au quotidien pour réduire l’énergie dans une usine d’embouteillage de Coca-Cola et ça c’est très important.

Arnaud Roland, plus personnellement, si vous aviez un rêve aujourd’hui à exprimer, quel serait-il ?

Moi je dis souvent que dans mon métier, je ne travaille pas pour moi. J’ai la chance d’avoir une petite fille qui va bientôt avoir cinq ans, c’est pour elle que je travaille ; c’est pour elle que je me lève le matin pour lui préparer un avenir plus durable parce que le monde est difficile, les challenges sont nombreux. C’est ça qui me porte : lui laisser un héritage dont je serai fier plus tard.

Quelle est votre source d’inspiration vers ce chemin de la durabilité ?

C’est la jeunesse ; la jeunesse c’est l’avenir du monde. C’est eux qu’il faut aider, qu’il faut encourager et qu’il faut inspirer. Et quand on a un peu d’expérience et de vie professionnelle, c’est important de transmettre des choses positives.

Si vous aviez un message à partager avec les citoyens du monde, quel serait-il ?

Je dirais, aujourd’hui internet et les réseaux sociaux nous permettent de partager de plus en plus d’information, donc partageons encore plus mais dans un esprit vraiment positif et solidaire parce que les bonnes et de grandes idées il y en a partout mais ce qui compte surtout c’est de pouvoir les mettre en oeuvre au bout du compte. Place à l’action, au partage et à l’échange, internet nous permet aujourd’hui nous permet de faire tout ça.

Arnaud Roland, merci beaucoup pour cet échange.

Merci.

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    English version here

    L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture – Unesco – a toujours agi pour la jeunesse en général et pour l’éducation pour le développement durable en particulier, d’où son projet Green Citizens qui s’inscrit dans le prolongement de la COP21 et la perspective de l’autonomisation des jeunes. La force motrice derrière le projet est le développement durable; l’idée est de rappeler aux différentes parties prenantes l’importance du développement durable pour notre avenir et de mettre en avant les meilleures solutions aux problèmes qui y sont liés.

    Le projet consiste à collecter des histoires du monde entier par le biais d’une exposition itinérante qui partira de Paris avec un titre évocateur – UNESCO GREEN CITIZENS: Les éclaireurs du changement – pour rejoindre New York. 25 acteurs du changement y seront mis en évidence et raconteront leurs histoires. Le projet comprend également un concours qui sélectionnera deux vidéos de projets dont les porteurs pourront participer à la COP21.

    Horyou a pu parler à certains dirigeants du projet et notamment à Armelle Arrou qui nous a fourni des éclaircissements sur cette initiative aussi originale qu’importante.

    © KARAT/SIPA
    © KARAT/SIPA

    Le projet, organisé dans le cadre de la COP21 est le fruit d’une collaboration entre l’Unesco et la conférence tenue à Paris en décembre. Il vise à soutenir des projets éducatifs de développement durable qui prennent en compte les problématiques actuelles. «Ces types de projets sont partout, ils sont portés par des personnes qui sont inconnues, mais qui ont la force de les construire à partir de rien et, surtout, d’amener des jeunes à s’investir dans des actions de développement durable», dit Mme Arrou.

    Grâce à ce projet l’Unesco cherche à apporter une reconnaissance à ceux qui travaillent à développer l’éducation, à leur offrir un espace pour présenter leurs projets et être une source d’inspiration les uns pour les autres. Le projet initialement prévu pour deux ans, a gagné en ampleur tant et si bien que l’Unesco y voit un des meilleurs moyens de soutenir des projets innovants et durables.

    Les projets ont afflué des quatre coins de la planète. Ils sont classés par thème et catégorie de sorte que le plus grand nombre possible d’entre eux obtiennent la reconnaissance qu’ils méritent. «L’idée était d’identifier 8 projets axés sur des sujets variés. Par exemple, nous avons une catégorie qui englobe l’éducation traditionnelle qui comprend un projet pour la conservation de la connaissance des peuples autochones», explique Mme Arrou. Un autre thème portait sur l’eau et les océans, un autre encore sur le recyclage ou sur les déserts, pour ne citer que quelques-uns. A l’intérieur de chaque thème, les projets ont été identifiés dans deux catégories: Environnement et développement durable. «Dans un sens général et plus large, la qualité d’un projet réside dans sa capacité à proposer des solutions éducatives et de développement durable», explique-t-elle. Par sa présence à la COP21, le projet Unesco Green Citizens espérait contribuer aux solutions apportées sur le climat, notamment en ce qui concerne les océans, le développement durable, la gestion de l’eau, la biodiversité, et le changement climatique. Leur présence devait porter la voix des jeunes qui innovent pour un avenir meilleur de façon concrète.

    © CAHEN/SIPA
    © CAHEN/SIPA

    Mme Arrou a souligné la capitale implication de la jeunesse via ce projet: «Les jeunes sont à la fois les acteurs et les bénéficiaires de ce changement pour leur propre avenir», déclare-t-elle. Pour l’Unesco, l’éducation de la jeune génération est aussi naturelle que de respirer et l’accent est mis sur l’éducation pour le développement durable. «Il est logique pour nous de soutenir et d’accompagner les jeunes d’aujourd’hui. Ils sont une communauté importante pour nous et ils portent les mêmes valeurs d’éducation et de développement», souligne-t-elle. L’aspect concours du projet est le symbole de ce soutien. En sélectionnant deux gagnants parmi les projets vidéo et en leur permettant d’assister à la COP21, l’UNESCO leur donne une chance unique de faire entendre leur voix. L’idée est de rappeler aux jeunes qu’ils sont les principaux acteurs du changement et du développement.

    “Earth to Paris” est un autre projet que l’Unesco soutient. Il s’agit d’un rassemblement qui réunira 150 jeunes dans le domaine des médias sociaux et les blogs influents pour le changement. A cette occasion, les jeunes auront la chance de rencontrer de grandes personnalités qui vont inspirer et soutenir leurs initiatives. Ils vont ainsi se retrouver face à face avec de vrais leaders et comprendre le rôle important qu’ils jouent. «Les jeunes qui veulent agir ne sont pas toujours accompagnés par les pouvoirs publics. Ce projet doit pallier cette réalité. Il est essentiellement à but non lucratif et est soutenu par de nombreux enseignants. Notre objectif est de créer un écosystème qui les encourage et les soutient en leur donnant de la visibilité et le respect de leurs actions», explique Mme Arrou. Un autre aspect de ces types de projets est la participation des élèves des écoles de commerce qui ont également besoin d’être confrontés à des modèles économiques alternatifs. Un jour, ils pourront décider de créer des entreprises viables : «C’est une façon pour cette nouvelle génération de connaître un modèle de développement différent. Lors du Forum Economie Positive, ils rencontreront également 200 chefs d’entreprise rassemblés pour contester et être contestés et examiner de nouveaux modèles économiques », a-t-elle ajouté.

    © BRESSION/SIPA
    © BRESSION/SIPA

    Aujourd’hui, le projet UNESCO Green Citizens a grandi d’une manière inattendue. Lancé comme un simple projet de communication il est en passe de devenir un moyen de partage des connaissances: des plans, des projets et des programmes d’étude seront mis à disposition de tous ceux qui voudraient les utiliser. Le site Web offre des liens vers les programmes d’études et sera pris en charge par la jeune communauté afin de former au développement durable.

    Rêver pour l’Unesco c’est tout simplement croire que le changement est possible par l’éducation et que rien ne peut vraiment être construit sans elle, d’abord pour le développement durable, ensuite pour éradiquer la pauvreté et plus encore. “Tout vient de l’éducation», pour Mme Arrou. Comme un incubateur bas-budget, le projet vise à créer un espace pour l’inspiration: «UNESCO Green Citizens est un espace où les éclaireurs du changement peuvent partager leurs expériences et leurs contenus et s’inspirer les uns les autres. L’Unesco possède un large éventail de communautés d’experts: scientifiques, éducateurs, artistes … etc. Cet espace leur permet de s’inspirer mutuellement et de partager leurs rêves», conclut-elle.

    «Nos actions viennent du fait que nous sommes un incubateur», poursuit-elle, «nous réalisons et accompagnons des projets. Les 8 projets que nous avons sélectionnés obtiendront le soutien des différentes branches de l’Unesco. Nous sommes là pour guider, encourager et mettre en valeur ces éclaireurs du changement. Tel est notre objectif. Voilà comment nous agissons.»

    Regardez la vidéo de UNESCO Green Citizens ici

    Écrit par Amma Aburam

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    En 2007, les médias du monde entier découvraient que Google soutenait une tribu amazonienne dans ses efforts contre la déforestation illégale via technologie et internet. Ce fut un impressionnant bond en avant pour ce peuple autochtone. Aucune tribu n’avait encore fait un tel usage du web et de ses outils pour faire entendre leur voix et défendre leur forêt. Cette tribu, ce sont les Suruis. Et leur leader charismatique, Almir Narayamoga Surui, parcourt le monde en long et en large, roulant sa bosse de conférences en forums internationaux pour mettre en avant le problème de la déforestation chez lui en Amazonie. Horyou l’a rencontré pour en savoir plus sur son humble quoiqu’ambitieuse mission de faire évoluer les consciences et de promouvoir une responsabilisation environnementale, sociale et économique.

    English version available here Versão em português disponível aqui

    L’image des communautés autochtones autour du monde évolue. Et vous, quelle direction la voudriez-vous voir prendre dans 20-30 ans ?

    Notre rôle est de travailler sur la conscience pour qu’on aie un monde qui évolue avec responsabilité : responsabilité environnementale, sociale et économique en utilisant la technologie comme un outil de construction de ces avancées pour changer les modèles de développement. Je parle en faveur d’un développement qui pense à l’être humain en premier, à la qualité de vie. Avec notre travail, j’aimerais que dans 20 ans le monde aie commencé à suivre les pistes que nous mettons en place aujourd’hui.

    Dans la société moderne occidentale, l’individualisme égoïste a beaucoup été utilisé comme un moteur, une raison d’être de l’existence. Quel est votre regard sur cette attitude ?

    Je pense que l’individualisme est un facteur qui peut et est en train de détruire la société. Mais avec une vision culturelle, je pense que la pensée collective, le droit collectif, le respect collectif peuvent encore nous sauver de cette déliquescence. Je ne vois pas d’autre chemin; si on a des opinions divergentes, on doit au moins réussir à former un consensus, des outils qui peuvent nous montrer le chemin en fonction des capacités de chacun.

    Almir Surui (à droite)
    ]3 Almir Surui (à droite)

    Plus précisément, dans le cadre tribal Surui, si un enfant par exemple, ou un individu fait preuve d’égoïsme, quelle sera la réponse du clan ?

    Chez nous, un enfant ne va pas réagir avec égoïsme [rires], on a pas ce malheur. Si moi je suis le père et que je suis égoïste moi-même, alors il va le prendre de moi [rires]. En tant que parents, nous devons servir d’exemples en matière d’éducation en premier lieu. Si mon fils me voit me permettre d’avoir un comportement délétère, il ne va pas comprendre et va vouloir faire la même chose. On reste en général facilement influencé par l’exemple et l’avis de nos parents, c’est pour cela qu’il faut être prudents dans nos agissements.

    Pour ce qui concerne les adultes, chacun choisit ses propres problèmes, c’est comme cela qu’on comprend les choses dans ma société. Si je fais quelque chose de mal, automatiquement ce dérapage va me répondre, il n’y a rien besoin de faire car le retour de flamme se fait de lui-même. Ceux qui font du mal à d’autres par exemple, on ne peut pas leur donner justice nous-mêmes, c’est le temps qui va se charger de le faire. Si je punis moi-même cette personne, en fait je suis en train de me souiller avec son crime et je vais devenir en quelque sorte co-responsable. Celui qui fait vraiment du mal, s’il se trouve au sein d’une assemblée, personne ne va l’applaudir, tout le monde va se dire “qu’est-ce que c’est que cet homme ?” et sa propre honte va le tuer.

    Je crois que rien n’est pré-défini, ce qu’on doit faire ou dire, ce que je veux dire c’est que le consensus va nous indiquer ce qu’il y a à changer, à corriger pour atteindre notre objectif. Si moi je dis que je ne suis pas d’accord et que je tourne le dos à la négociation, on ne va jamais pouvoir corriger nos erreurs et progresser vers un meilleur avenir mutuel.

    Tu es connu pour avoir fait passer la tribu Surui dans la modernité, plus précisément grâce à internet, est-ce que tu peux nous raconter ce processus ?

    Ces dernières années, j’ai beaucoup analysé la souffrance de mon peuple. Et j’ai décidé que mon peuple, les Surui, ne sera pas une victime de tous les processus modernes, que nous allons participer aux discussions, aux préoccupations, aux propositions qui font le monde à partir de nos connaissances que nous avons sur la forêt. Après avoir décidé de cette vision, il restait à définir la méthode et les outils dont nous aurions besoin: la technologie, internet. Pour commencer, les gens doivent savoir qui nous sommes, connaître l’endroit dans lequel nous vivons, nos préoccupations et quelles sont nos propositions pour les problèmes qui nous sont désormais communs. L’information commence à arriver là ou avant elle n’arrivait pas. Alors on a commencé à comprendre comment on peut s’exprimer dans ces discussions internationales. Par exemple, quand on participe à un événement [forum, colloque, etc), les gens qui nous y invitent ont été rencontrés lors d’un autre événement précédent, c’est un réseau de communication qu’on doit soutenir et alimenter avec des propositions responsables grâce notamment à internet.

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    En 2007, un article est sorti, repris par de nombreux médias, qui annonçait qu’une tribu amazonienne avait obtenu le soutien de Google pour les aider à traquer la déforestation illégale. [C’était les Surui bien sûr, et] est-ce qu’on peut considérer que ça a marché ?

    Oui, ça a marché: le territoire Surui est aujourd’hui cartographié en 3D sur Google Earth. De plus, ils nous aident, viennent former nos gens à utiliser leurs outils, faire une carte, poster sur YouTube, etc. Et c’est nous-mêmes qui sommes allés les chercher, pas l’inverse. C’est une conquête de notre peuple qui nous aide à communiquer avec le gouvernement brésilien en matière de déforestation [ndlr: via des revendication circonstanciées, très précises et documentées], et avec le monde entier. Si le gouvernement était en train de remplir son rôle, on n’aurait pas besoin de faire ce genre de choses.

    Si vous aviez un message d’espoir à adresser au monde, quel serait-il ?

    Vous devez croire que vous êtes importants, on doit croire qu’on est important. Vous devez croire que c’est vous qui allez changer le monde, car il ne change pas tout seul. Il a besoin de l’être humain et l’être humain a besoin de lui. Alors c’est un chemin du changement que nous devons construire et ainsi on peut espérer de construire un monde meilleur pour tous.

    par Vincent Magnenat

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