Ecologie

Une organisation active sur notre plate-forme Horyou, l’ONG FAID – Food and Agriculture Initiatives for Development – travaille sur les projets agro-écologiques au Bénin dans l’espoir de promouvoir le dévéloppement durable en stimulant une agriculture équitable et une alimentation saine. Nous avons interviewé Vianio Kougblénou, secrétaire executif de l’ONG, qui nous a inspirés avec ses idées et projets pour l’environnement et l’éducation!

ONG Faid au Benin

Pouvez-vous nous raconter en quelques mots votre histoire et vos projets ?

Tout est parti d’un amour partagé entre personnes venant d’horizons divers pour une agriculture et une alimentation plus «saines et équitables», au regard des conséquences sanitaires graves et grandissantes de la production conventionnelle et des pertes et gaspillages alimentaires notoires, cause majeure de la famine. De Juin 2017 à ce jour, nous avons appuyé la création de trois jardins solaires et communautaires ; sensibilisé les élèves à ce que doit être l’agriculture à l’ère du changement climatique ; fait la production agro-écologique de semences de légumes menacées et en avons fait don aux écoles et aux maraîchers ; fait de la transformation de produits pour éviter leur gaspillage (fruit à pain, curcuma, tomates, farine de maïs sans amidon, jus de fruits bio…).

Quels sont les objectifs les plus importants de votre organisation ?

L’ONG FAID a pour mission principale la valorisation des filières agricoles et animales en passant par leur organisation, production et transformation en vue d’assurer la sécurité alimentaire et de lutter efficacement contre les pertes et gaspillages, source d’extrême pauvreté. Nous voulons encadrer les producteurs et les sensibiliser à la gestion optimale des ressources pour une agriculture et une alimentation «saines et équitables» ; motiver et piloter des initiatives, projets et activités axés sur la réduction des pertes et gaspillages alimentaires ; offrir une assistance nutritionnelle aux orphelins, aux handicapés et aux personnes fragilisées ; assainir l’environnement et valoriser la filière agricole et animale.

L’ONG FAID a le soutien et un partenariat avec Slow Food International

Quels sont vos projets pour 2018 ?

A l’ONG FAID, préserver de façon soutenable la biodiversité est notre passion! Pour relever ce défi majeur, en 2018, nous comptons développer et vulgariser l’agri-technologie «GléSika», une innovation qui permet de résoudre le problème de gestion optimale d’eau du côté de la pépinière. Autre projet, “One School = One agro-ecological Garden”, projet d’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable (EEDD) lancé en 2017 avec le soutien financier de Slow Food International, suivi de dons de kits de démarrage ou de renforcement de jardins scolaire ou pédagogiques. Il y a aussi le projet-programme «Jardins des Pêches», visant à faire de Cotonou une ville durable en matière de productions végétales et animales. Démarré en phase pilote en 2017, nous y faisons déjà de la production organique de lapins et de volailles locales et de la production de semences des espèces végétales menacées.

Projet Jardin des Pêches

Voulez-vous laisser un message pour notre communauté Horyou ?

Les obstacles à la préservation de l’environnement sont institutionnels, financiers et politiques, et l’on sait comment les lever : il s’agit de développer et de promouvoir un partenariat mondial (Nord-Sud) pour la gestion de projets climato-compatibles. La transition écologique est avant tout une question d’attitude, une question spirituelle. Le Climat devra être considéré comme un bien commun, et gérer en tant que tel. “Ensemble œuvrons donc pour une production plus juste, plus sobre et plus respectueuse des écosystèmes”.

ADEV- Titre ( grande)
L’association des Acteurs de Développement (ADEV).

L’association des Acteurs de Développement (ADEV), basée au Cameroun, oeuvre maintenant depuis plus de trois ans auprès des femmes et des jeunes de la société camerounaise. Cette association, créée par des jeunes pour les jeunes, a pour but d’informer, sensibiliser et instruire les personnes sus-mentionnées afin qu’elles puissent à leur tour agir ensemble pour un développement du pays en accord avec les nouveaux objectifs écologiques élaborés en marge de la COP21.

L’association a de nombreux projets et ce dans des domaines variés avec pour principe d’inclure au maximum la société civile.

Nous en découvrons ici un large échantillon grâce à Félicité Djoukouo, directrice exécutive de l’association, qui a accepté de répondre à nos questions.

1.Pouvez-vous nous présenter brièvement votre association?

L’association des Acteurs de Développement a été créée en 2009 par de jeunes camerounais travaillant dans des disciplines variées et soucieux d’apporter leur contribution au développement international. C’est une plateforme de formation, d’investigation et de consultation, ainsi qu’un espace de concertation et d’expression, débouchant sur des actions concrètes en faveur du développement durable. L’objectif principal de notre association est de responsabiliser les communautés par rapport à leur propre développement. Par exemple, nous essayons de dynamiser les groupes de femmes et de jeunes pour en faire des agents de changement dotés d’un esprit entrepreneurial, de leadership et de volontariat. Nous essayons aussi de faire naître en eux le souci du respect de l’environnement et de la gestion durable des ressources naturelles. Finalement, nous promouvons aussi l’intégration permanente de l’approche de genre dans tout projet que nous mettons en place.

2. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le projet RASP4DEV School que vous avez lançé en Novembre 2015 à Yaoundé ?

Le projet RASP4DEV School que nous avons lancé en novembre 2015 est une initiative d’un jeune ingénieur camerounais, William Elong, qui a sollicité l’expertise de l’ADEV dans les modules d’entrepreneuriat et de leadership. Le projet RASP4DEV sensibilise les jeunes à l’utilité de l’informatique (notamment grâce à la présentation du Raspberry – modem wifi qui fonctionne à l’énergie solaire et sans connexion internet). Il a aussi pour but de former les jeunes vivant en zones rurales à la recherche sur Internet et sur les médiathèques et les initie à la programmation et la création de contenus. Il apporte aussi un appui psychologique pour les enfants et les jeunes à travers des ateliers sur le leadership et l’entrepreneuriat.

Projet Rasp4dev School - initiation à l'informatique en zones rurales.
Projet Rasp4dev School – initiation à l’informatique en zones rurales.

3.Vous avez aussi dernièrement élaboré un plan communal de développement dans la commune d’Obala au Cameroun. Quels en étaient les axes principaux et dans quel but a-t-il été établi ?

Le Plan Communal de Développement est élaboré en tenant compte de la spécificité des composantes sociologiques d’une commune (espace urbain vs espace rural par exemple). Il est élaboré par un organe d’appui local, nommé Action commune pour la préservation de l’Environnement et le Développement (ACP-CAM) dans le cas de la commune d’Obala et ce dernier a demandé à l’ADEV de l’aider dans l’éboration de ce plan. Ce diagnostic participatif porte sur les problèmes exprimés par les populations elles-mêmes à travers des interviews semi-structurés, formels et/ou informels ou d’observation directe. L’élaboration de ce plan a pour but d’évaluer les capacités et les limites de la commune ainsi que les opportunités et contraintes au développement local. L’objectif était de répondre à une double exigence : 1) Améliorer les connaissances et la compréhension de la commune par elle-même et par ses partenaires 2) Accompagner la commune dans un exercice d’auto-analyse des ressources dont elle dispose, des forces et faiblesses liées à sa situation actuelle ainsi que des opportunités et contraintes à prendre en considération dans le nouveau cadre de la décentralisation.

4.La COP21 a eu lieu il y a peu et l’ADEV est très impliquée dans les questions environnementales. Quel type d’actions essayez-vous de mettre en place dans ce domaine ?

Le Cameroun est un faible émetteur de gaz à effet de serre mais sa stratégie ambitieuse de développement se traduit par une forte hausse d’émissions d’ici 2035. C’est ainsi qu’en prélude à la COP21, le Cameroun a pris l’engagement de réduire ses émissions de 32% d’ici 2035. Afin d’aider le pays à respecter cet engagement, l’ADEV, en tant qu’organisation de la société civile camerounaise et constatant une vive montée de l’insalubrité dans certains quartiers de la ville de Yaoundé, a mis en place le projet WELFARE dans l’optique d’y remédier par des actions concrètes à travers la mise sur pied de méthodes incitatives visant l’implication de tous. Le projet consiste en un ensemble d’activités entrepris dans l’optique de promouvoir, sensibiliser et mobiliser la population autour de la problématique de la protection de l’environnement en général mais surtout de sa préservation à travers le nettoyage et l’assainissement de leur espace de vie immédiat.

Le projet WELFARE qui sensibilise la population à la protection de l'environnement.
Le projet WELFARE qui sensibilise la population à la protection de l’environnement.

5. Y a-t-il eu une réalisation qui a eu une importance toute particulière pour votre association durant ces dernières années ?

Je pense à la réalisation de la première édition des Journées de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat (JEME) organisée dans les villes de Yaoundé et de Douala sous le thème « Pour une jeunesse entreprenante et autonome sans discriminations » en février 2015. C’est un des projets qui a eu une importance particulière pour l’ADEV l’an passé. Les JEME avaient pour objectif de créer un cadre de rencontre, d’information et d’échanges regroupant les jeunes, les professionnels et les pouvoirs publics au sujet des questions d’emploi et d’entrepreneuriat, en prenant notamment en compte des facteurs comme le handicap. L’objectif plus spécifique de ces journées était d’inculquer l’esprit entrepreneurial à des élèves et des jeunes, handicapés comme valides, mais aussi de renforcer leurs capacités dans le domaine de l’entrepreneuriat en vue de leur autonomisation et de les informer sur les opportunités d’emploi qu’offrent les secteurs public et privé. Finalement, grâce à ces journées, nous avons aussi pu donner aux jeunes des couches plus vulnérables les outils nécessaires pour leur autonomisation et leur réinsertion sociale grâce à des ateliers de discussions et des activités ludiques.

6.Avez-vous un projet que vous espérez mettre en place prochainement et dont vous souhaiteriez nous parler ?

L’ADEV prépare en ce moment la deuxième édition des JEME qui aura lieu en juin 2016 et qui sera dorénavant renommée “Jeunesse, Emploi et Entrepreneuriat”. Ce programme vise à donner aux jeunes des outils qui puissent leur permettre d’entreprendre et de devenir autonomes dans le domaine de leur choix. Les JEME sont ouverts à toutes les catégories sociales sans aucune discrimination et sont placés cette année sous le thème « Jeunesse : de l’ambition à la réalisation ». L’ADEV, à travers ce programme, entend stimuler la jeunesse à proposer des solutions innovantes aux problèmes locaux d’une part et d’autre part les encourager et les accompagner dans la création d’emplois qui auront un impact sur nos communautés pour aider le gouvernement camerounais dans ces objectifs pour 2035. Nous travaillons aussi en ce moment avec Livres Sans Frontière et Bibliothèques Sans Frontière sur la possibilité d’expédier une cargaison de livres d’ici le mois de Juillet 2016 pour les établissements scolaires de quelques localités du Cameroun, précisément les établissements de la région de l’extrême-nord en proie aux attaques kamikaze de Boko Haram.

Première édition des Journées de l'emploi et de l'entrepreneuriat (JEME).
Première édition des Journées de l’emploi et de l’entrepreneuriat (JEME).

7. Que pensez-vous de Horyou et de sa communauté dont vous êtes un membre actif ? Qu’est ce que la plateforme vous apporte dans le cadre de votre action?

Nous pensons que Horyou est un réseau d’avenir et d’envergure. La plateforme nous apporte dans le cadre de nos actions une certaine visibilité et crédibilité à l’échelle internationale.

8. Notre philosophie s’articule autour de valeurs universelles que nous retrouvons dans le slogan « Dream Inspire Act ». Qu’est ce que ces 3 mots évoquent pour vous et votre organisation ?

Ce slogan rejoint les valeurs qui accompagnent notre association. En effet, le rêve est un leitmotiv qui nous permet d’entreprendre des actions inspirantes.

9. Si vous pouviez partager un message avec l’ensemble des membres de la communauté Horyou, quel serait-il ?

Le message de l’ADEV serait “stop speaking, start acting for a sustainable development”.

Pour en savoir plus sur leurs actions, visitez leur page Horyou ou leur site internet

Ecrit par Laurie Martin

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