Automobiles

IMG_2769

Horyou a eu l’occasion durant ce COP21 à Paris, d’échanger avec Thierry Apparu, Directeur de la communication de Venturi Automobiles. L’entreprise de fabrication d’automobiles qui depuis 10 ans met en œuvre des principes, des moyens et des outils de locomotion pour la durabilité.

Bonjour Thierry, on est heureux de venir découvrir ce magnifique lieu d’exposition et d’innovation chez Venturi à Solutions COP21. Dans quelle mesure les innovations sont une vraie réalité dans l’esprit de Venturi ?

Je dirais qu’elles s’inscrivent dans l’esprit Venturi depuis 1899 parce que notre source d’inspiration c’est la voiture nommée “jamais contente” qui était la toute première voiture électrique à avoir dépassé les 100 km/h. C’était en France, à Achères. Cette voiture est devenue la nôtre lorsqu’on a racheté ce nom. Par ailleurs, toutes nos voitures qui ont battu des records de vitesse sont appelées “jamais contentes”.

Illustration de la voiture "La Jamais Contente", 1899
Illustration de la voiture “La Jamais Contente”, 1899

Plus généralement, pour répondre à votre question, l’innovation technologique chez nous est au coeur de tout parce qu’on est convaincu que l’électrique est un vecteur de mobilité propre et durable qui demain plus encore qu’aujourd’hui sera partie prenante du paysage automobile. Ça représente 1% des autos vendues dans le monde. Ca va encore monter et il y aura la place pour tout le monde sur un marché partagé qui permettra de répondre aux besoins des différents consommateurs. Il faut être capable de montrer que le véhicule électrique est aujourd’hui efficace autant que le véhicule thermique ; c’est ce qu’on essaye de faire avec notre technologie électrique. On teste les véhicules et technologies électriques dans des situations réputées impossible pour l’électrique et on fait l’impossible pour que ça marche. Et ca marche.

On voit à la fois la capacité d’être recordman du monde de vitesse, voire même d’aller en Antarctique, rendant possible un volant de situations, si je puis dire, de défis technologiques et de performances, avec le soucis constant de pouvoir amener l’innovation sociale et sociétale liées à l’électrique au coeur même de la réalisation.

Véhicule "Antarctica". Crédits photo © Venturi
Véhicule “Antarctica”. Crédits photo © Venturi

On est dans le grand écart total dans les deux exemples ; la voiture des records peut aller jusqu’a 600km/h, on a la meilleure marque, la meilleure performance à 495km qui va décharger dans un temps très court, en 70 sec, énormément d’énergie ; on parle d’une voiture de 3000 chevaux. Celle qui va rouler en antarctique est une voiture à 40/50 km/h qui va faire 60km et rouler lentement sur la glace pour acheminer les scientifiques sur des zones complètement sanctuarisées qui sont seulement accessibles à pied parce qu’en voiture thermique ils risquent de polluer le champs d’étude et donc les résultats qu’ils vont obtenir. On est dans deux gammes très différentes mais dans les deux cas on y va par pallier et avec des technologies différentes qui permettent de qualifier différents types de motorisation. Ce qui est intéressant pour Mr. et Mme. Tout le monde, c’est que demain on va pouvoir vendre aux stations de ski un véhicule qui pourra faire du dépannage et du médical en altitude avec le véhicule créé à la base pour l’antarctique. On nous a demandé de travailler sur cette problématique. Mais avec la voiture du record on est dans la gestion de l’énergie, c’est-à-dire comment je vais acheminer mon énergie depuis la batterie dans le moteur et comment je vais l’acheminer de façon efficace. Pour le véhicule électrique, c’est ça qui est important aujourd’hui et c’est ce à quoi on travaille. Ce qu’on applique dans le véhicule du record se retrouve dans les monoplaces électriques pour les championnats de Formule I ou FIA où tout le secret de la performance est dans la capacité de gérer l’énergie à un moment donné.

Vous êtes en train de nous montrer qu’une entreprise comme la vôtre, à taille humaine, est capable d’être à la pointe de la démocratisation de la voiture électrique au service de tous…

La volonté de notre président, Gildo Pallanca Pastor, quand il a racheté Venturi en 2000 et changé le mode de production en passant de la production essence à la production électrique, sa préoccupation, a été dès le départ de savoir comment demain je vais participer au développement d’une mobilité propre et durable et saine. Aujourd’hui, même si on sait que si tout le monde se penche dessus c’est bien sûr pour les conditions du réchauffement climatique, mais c’est aussi pour des conditions sanitaires car à travers le monde nous savons que les gens meurent à causes des particules émises. On est dans ces préoccupations-là. Pour cette raison, nous avons construit nos véhicules des records et tous nos véhicules depuis 2009 avec des étudiants américains qui font face aux challenges qui en découlent ; ils sont directement natifs des technologies alternatives et seront les ingénieurs de demain. Chaque année nous en ajoutons cinq nouveaux étudiants dont on finance les études afin qu’ils participent à ce programme.

Quelle est la prochaine date pour le prochain record de ce travail circulaire trans-générationnel et de compétences impliquant cette jeunesse ?

Nous avons plusieurs dates ; on a d’abord la formule 1 électrique, un rendez vous tous les mois entre septembre et juin à travers le monde et pour le record de vitesse. Cela se passera systématiquement sur le lac salé de Bonneville, aux USA dans l’Utah. Au mois d’août, on partira pour trois semaines. Deux semaines de tests, de réglages et de roulage dans le cadre d’un évènement qui s’appelle la “speed week” où tous les fous du volant se donnent rendez-vous et où nous sommes les iconoclastes du paysage parce qu’on a des voitures électriques pour ce type de performances. On y voit de tout : des voitures à alcool, à air comprimé, à essence, à diesel, etc. ; ensuite il y a la piste homologuée FIA où on tente de battre un record de vitesse durant la troisième semaine d’août. Depuis 3 ans, les conditions climatiques ont changé et depuis trois ans notre voiture est prête pour passer les 600 km/h mais elle ne roule pas dans de bonnes conditions à cause d’inondations systématiques suite à des orages que les chercheurs et les scientifiques de l’université attribuent au changement climatique. Tout cela décuple notre volonté de partir là-bas et de faire ce record parce qu’on veut apporter notre contribution à des solutions durables, et mettre dans nos voitures des tractions fiables, efficaces, propres et durables pour vous, pour moi et pour tout le monde.

Plus personnellement, si vous aviez un rêve à partager avec celles et ceux qui nous écoutent ou nous lisent, quel serait-il?

Comme beaucoup d’entre nous j’ai une famille, des enfants, des proches que j’aime et j’ai envie, même si ca fait tarte à la crème, que le monde aille mieux pour eux. J’ai envie que mon entreprise, grâce à mon métier et grâce aux aventures que nous permet notre président, aide à bâtir un monde plus propre et plus durable. On a des ingénieurs formidables qui construisent ces mécaniques et amènent ces solutions-là et la contribution de mes équipes vise à médiatiser tout cela et prêcher la bonne nouvelle, à travers la communication et l’ensemble des paramètres qu’on sait mettre en oeuvre ; et j’espère que c’est ensemble, avec les autres, nos concurrents, nos adversaires sur certains marchés, on apportera suffisamment de solutions, suffisamment vite, pour faire en sorte que les choses évoluent moins mal.

IMG_2772

Cette inspiration que vous portez pour votre contribution au sein de votre groupe, d’ou vient-elle ?

On a un patron formidable, on a un patron qui a des rêves et qui surtout va au bout de ses rêves. Un jour en 2000 il a dit aux ingénieurs : “on va faire de la voiture électrique”. Les ingénieurs lui on dit : “mais tu es complètement fou, c’est pas possible”. Il leur a dit : “Vous n’avez pas le choix, on va le faire”. En 2004, on a présenté la première voiture électrique au salon de l’auto à New York et on s’est pris une volée de bois vert. 10 ans après, il y a eu des gens assez fous comme nous pour lancer le 1er championnat du monoplace électronique sous la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) qui gère les rallyes et la formule 1. Ça a été une belle reconnaissance et les gens sont venus vers nous pour nous dire qu’il fallait qu’on participe à ces championnats car on était les pionniers de la chaîne électrique haute performance. Ça a été un opportunité formidable et ils nous on rappelés la deuxième année cette fois en tant que constructeurs et aujourd’hui on fourni la motorisation. L’inspiration elle est là, d’un patron qui se lève tous les jours avec deux ou trois idées ; il ne faut pas toutes les suivre ; non pas qu’elle ne soient pas bonnes mais juste qu’elles prennent beaucoup de travail. Un jour il dit on va développer une voiture à record avec une pile combustible, un jour avec une voiture électrique ou avec des voitures utilitaires dans les déserts pour voir comment ca fonctionne. On est dans cette dimension-là, c’est un travail intense, un travail quotidien très important mais dans une dimension exaltante mais parce qu’on travaille dans du concret et c’est ludique. On sait ce que valent les fruits de notre action, on sait dans quelle voiture se trouvent les fruits de notre action, dans quels modèles, et on sait ce que ca apporte pour demain.

Si vous aviez un message à partager avec les citoyens du monde, que serait-il ?

Soyez en capacité d’analyser de façon réaliste vos besoins. Aujourd’hui, 90% de la population européenne roule 60km par jour pendant 1h. C’est la capacité de performance de la voiture électrique mais quand on va acheter une voiture, on pense aux 2 trajets qu’on va faire avec sa famille en vacances, loin. Il vaut mieux louer une voiture pour faire ça et garder la voiture électrique pour rouler en ville. C’est la même situation aux USA ; ceux qui habitent en ville font en moyenne 17km par jour en 1heure ; la voiture électrique répond déjà à ces besoins. Donc soyons malins dans nos usages, soyons durables et pour être durable, choisissons ce dont nous avons besoin, selon la réalité de ces besoins et pas seulement en fonction d’un désir esthétique et pas seulement pour faire le cake et avoir la plus grosse voiture. Essayons d’avoir une voiture plus intelligente ; sur l’intelligence de la voiture électrique, on s’aperçoit que tous les constructeurs automobiles ne vont pas au plus grand salon de l’automobile, le salon de Detroit mais ils vont tous au CS de Vegas, le salon des innovations technologiques ; c’est un signe. Je vous engage tous à avoir une réflexion là-dessus et à avoir une réflexion plus durable, avant d’aller chez le concessionnaire.

More Stories

English version below Una red global para la innovación a través del aprendizaje y la colaboración, los Fab Labs son espacios de pura creatividad y...