L’organisation Adelarte travaille pour l’autosuffisance et l’éducation des communautés vulnérables en Colombie. Particulièrement active sur les éthnies indigènes, Adelarte dévéloppe, en partenariat avec les communautés locales, des solutions durables et soutenables, en utilisant l’art et la culture. Interview avec la présidente Marline Fayollet.

Elèves du Centro Etnoeducativo Numero Doce de La Guajira, dans la communauté de Muurai, Colombie

Racontez-nous un peu sur votre histoire et vos principaux projets.

Fondée en février 2017, Adelarte a pour objet de construire, au travers de l’art, des solutions locales, durables et soutenables pour faire face aux enjeux sociétaux mondiaux. Nous constituons des équipes multidisciplinaires de volontaires internationaux qui exécutent des missions de développement durable avec des communautés vulnérables en utilisant l’art comme vecteur de changement. Durant l’année 2017, en coopération avec des associations colombiennes et selon les priorités identifiées par les communautés wayuu bénéficiaires, nous avons monté un projet ayant pour but d’offrir de meilleures conditions d’éducation, d’augmenter les possibilités d’autosuffisance, de contribuer au maintien de la culture wayuu et de permettre le développement personnel de chacun, qu’il soit wayuu ou volontaire.

Quelle est la situation actuelle des communautés wayuu et de quel type de support ont-elles besoin ?

Les communautés identifiées en 2017 sont celles de Loma Fresca 2 et Muurai. Elles appartiennent à l’éthnie Wayuu dont l’organisation est matrilinéaire et vivent d’une économie mixte basée sur l’élevage et le pâturage caprin, le maraîchage, l’artisanat et la pêche. Les wayuu vivent dans la péninsule de La Guajira, l’une des plus pauvres de Colombie. C’est une région sèche et aride, presque uniquement recouverte de sable, constamment balayée par les alizées marins et connaissant une longue période de sécheresse qui a tendance à s’accentuer avec le phénomène El Niño. La végétation y est très pauvre, l’accès à l’eau potable compliqué et la corruption qui y fait rage a rongé, entre autre, le système éducatif. A Muurai, pour que les enfants puissent étudier dans de bonnes conditions, il manque des salles de classe, des toilettes, des cantines équipées, mais aussi de l’eau potable pour s’hydrater et de l’électricité.

Pourquoi favorisez-vous l’éducation artistique et culturelle ?

L’association mise sur l’art pour aller de l’avant, d’où son nom Adelarte une contraction de Adelante con el arte (En avant avec l’art). En effet, l’art n’a pas de frontières et offre un terrain de dialogue qui dépasse les limites du langage. Il est capteur d’attention et facilitateur d’implication. C’est un vecteur d’expérimentation collective et de développement personnel qui stimule l’estime de soi. Nous utilisons la musique et la peinture pour motiver les membres des communautés à s’impliquer lors des activités de construction. Nous montons également une pièce de théâtre basée sur les contes ancestraux et animons la radio étudiante de notre partenaire dans le but de valoriser les cultures, donner envie aux futures générations de s’exprimer dans leur langue, ainsi qu’en espagnol, et de leur donner confiance.

Êtes-vous engagés pour les Objectifs de Dévéloppement Durable de l’ONU? Lesquels?

Nous nous engageons sur plusieurs objectifs, notamment les 4, 6, 7, 10 et 17.

Adelarte est un nouveau membre de notre communauté. Partagez vos espoirs et vos plans avec Horyou !

Nous souhaitons pouvoir donner envie à la communauté d’Horyou de s’impliquer de manière plus ou moins directe dans nos projets. Partager nos bonnes pratiques ainsi que notre retour d’expérience sur ce type de projet.

Tweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInShare on FacebookEmail this to someone